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anecdote bien réelle

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anecdote bien réelle

Message par DESBIENDRAS le Ven 10 Juil - 8:35

C'est une évidence, le gendarme « de terrain », au cours de sa carrière, est amené à vivre des situations cocasses, amusantes, mais aussi parfois délicates ou dangereuses. C'est devenu une habitude, armement chambré en permanence et port du  GPB (Gilet Pare Balles) dés que l'on met le pied hors du casernement. Holster de cuisse, chargeur supplémentaire portant à 25 cartouches 9mm la dotation,  bâton de protection télescopique, bombe lacry, menottes plastique à usage unique et autres pinces à usage multiple complètent l'équipement. Une dizaine de kilos sur le ceinturon.

Il est bien loin le temps où le GD sortait en enquête avec son dossier sous le bras, un képi sur la tête,  son vieux MAC50, avec 5 cartouches,  planqué sous sa veste dans un étui confectionné par maman dans une ancienne paire de bottes en cuir noir.

Autre époque, autres mœurs. Je ne crois pas, les mentalités ont changé, mais le danger était déjà bien réel. J'en veux pour preuve l'anecdote suivante que je livre régulièrement à mes jeunes réservistes en formation APJA.

J'étais à l 'époque jeune gradé dans une brigade territoriale à l'activité dite « chargée ». Assurant la permanence OPJ, j'ai été sollicité pour intervenir dan le village de X où un individu atteint de troubles mentales, refusait son transfert vers l'hôpital spécialisé Pinel de DURY, près d'AMIENS.
S'agissant d'une hospitalisation à la demande d'un tiers, les pompiers avait fait un pas en arrière laissant le client à la charge des infirmiers dépêchés sur les lieux, lesquels infirmiers affirmaient  être payés pour faire un transport de malade mais pas pour prendre un coup. Donc, les gendarmes....

En compagnie du gendarme « Y », je me transporte sur les lieux où je suis reçu par les parents de l'individu, à l'origine de la demande d'internement. Ils m'informent que leur fils de 30 ans s'est enfermé dans sa chambre, qu'il détient un fusil calibre 16 juxtaposé ( un robust 222 pour les connaisseurs), mais que c'est pour impressionner car il n'a pas de cartouche. Celles-ci, cachées et mises sous clé  par le père, sont toujours en place.

Désireux d'expédier rapidement cette affaire et de ne pas rater le film du soir à la télé, j'entre dans l'habitation suivi de mon camarade et me dirige directement vers la porte de la chambre où se trouve notre client. A travers la porte, je débute  des négociations dignes des meilleurs psy, du genre « ouvres ta porte où je la défonce» où même « tu as le choix entre le camion blanc tranquille ou le bleu avec beaucoup d'élan ». Après avoir reçu, en réponse, des propos m'accusant de relations sexuelles avec des animaux morts tandis que mon épouse vendait ses charmes, je décidais de passer à l'action, non sans lui avoir accordé un délai de 3 minutes. Fidèle à ma parole, je défonçais donc immédiatement la porte d'un coup de pied et me retrouvait face à mon individu, et les deux tubes du calibre 16 sur mon ventre.....

Instinctivement, d'un revers de la main droite, de la gauche vers la droite, je dégage les canons vers le mur de la chambre tandis que mon camarade, dans le même temps, me donne une violente poussée dans le dos qui a pour effet de me plaquer contre le client et de nous faire tomber tous les trois en travers du lit. Et là.... bang, bang, deux coups de fusil dans le mur. Petit nuage blanc, odeur de poudre et de plâtre, les oreilles qui sifflent.

Maîtrisé, le malade a été pris en charge et conduit au CHS Pinel, après avoir reçu quelques soins de la part des pompiers pour de petites contusions dues au feu de l'action et à notre virulente réaction postérieure aux faits.

Autre époque, autres mœurs, bilan de l'opération, but atteint et mission accomplie par deux militaires engagés durant 1 heure 30, mais mise en danger des personnels suite à une mauvaise appréciation de la situation, précipitation, mauvais renseignements, pas de recoupement, absence de compte rendu à l'autorité supérieure.
De nos jours, une personne armée est réputée être dangereuse, donc port du GPB et  appel à des renforts pour mise en place d'un dispositif de sécurisation et de neutralisation des lieux. CR à l'autorité militaire et administrative. Négociations avec un négociateur formé, appel à des unités spécialisées dans l'assaut si négociations infructueuses. Bilan : 20 personnels sur les lieux durant plusieurs heures, un hélico qui fait des ronds au dessus du village, une équipe d'intervention sur les lieux, un sous-préfet ou un directeur de cabinet, sans oublier un poste de secours avancé.  La sécurité des personnels et de la population est à ce prix, sommes nous prêts à le payer ?
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Re: anecdote bien réelle

Message par JL73 le Dim 12 Juil - 18:00

Ah ah ah. J'ai connu également ce même scénario début des années 80. Maintenant tu rentres dans la carrée, tu maitrise l'individu et tu te fais engueuler par ton CC qui te menace de sanctions!!!!! Autres temps autres moeurs, autres CC

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